Solutions à longs termes

Bien que le Sénégal soit confronté à de nombreux défis en matière d’énergie et de gestion des ressources naturelles, la solution à long terme implique deux axes d’intervention interdépendants. Elle implique tout d’abord que le Sénégal emprunte pour son développement une voie à faible teneur en carbone qui implique les communautés locales dans l’adoption de mesures permettant une plus grande autosuffisance en énergie, et en énergie propre de préférence, tout en luttant contre la pauvreté en milieu rural.

Cela ne peut avoir qu’un impact positif sur les forêts qui souffrent actuellement de l’utilisation non durable et inefficace de la biomasse. Cela est possible grâce à l’introduction de technologies qui sont expérimentées, abordables et faciles à adopter pour la production d’énergie domestique, mais requiert des changements de comportement. L’augmentation de l’énergie disponible localement contribuera sans aucun doute au développement du pays, tout en ayant un impact très positif sur les moyens de subsistance des populations. Avec l’intensification des pratiques agricoles, ceci va susciter un certain nombre d’opportunités d’activités génératrices de revenus et apporter une meilleure qualité de vie. En second lieu, ces mêmes collectivités locales devraient être habilitées en tant que principaux agents de changement en ce qui concerne la bonne gestion des terres, des eaux et de la biodiversité. Cela est possible, si l’enjeu de la conservation de la biodiversité et des ressources associées est reconnu et que les populations en tirent avantage. Le modèle Ecovillage embrasse ces deux axes d’intervention, tout en répondant aux besoins en matière sociale de facilitation des relations communautaires. 

Par conséquent, la solution à long terme exige aussi de parvenir à un modèle Ecovillage reproduit largement au Sénégal, qui combine efficacement la gestion durable des ressources naturelles (y compris la conservation de la biodiversité) et l’utilisation d’énergies renouvelables et à faibles émissions de carbone, en évitant la déforestation au niveau du village, qui constituerait une activité fortement émettrice de carbone dans les terroirs villageois. La solution exige également que les Ecovillages aient un accès et des droits de gestion clairement définis sur les Réserves Naturelles Communautaires (RNC) et les terres communautaires afin de répondre à leurs besoins en matière de conservation de la biodiversité, d’exploitation durable des ressources naturelles, pour une agriculture et un élevage plus intensifs, l’approvisionnement en bois de chauffe, etc. Toutes ces activités seront menées de manière intégrée, en fonction de plans de gestion écologique convenus pour l’ensemble de l’espace des terroirs villageois. D’un point de vue économique, le modèle cherche également à apporter des moyens de subsistance alternatifs et plus durables - amélioration de la gestion des sols et des ressources, efficacité énergétique et séquestration du carbone - et de nouvelles options pour des revenus alternatives mises au point par le projet. Ces dernières permettront à leur tour de réduire la pression sur les ressources naturelles dans les terres communautaires et les aires protégées adjacentes, qui sont menacées par des pratiques non durables (empiètement de l’agriculture, braconnage, production de bois de chauffe et de charbon de bois). Les idées novatrices et efficaces, les exemples de gestion et d’utilisation durables des ressources naturelles et la génération de revenus alternatifs existent dans les villages sénégalais, mais ils demeurent ponctuels et ne sont pas mis en lien. Le projet permettra de les élargir et les reproduire, sur la base de l’enseignement tiré des expériences passées, tout en établissant et en consolidant un modèle intégré et durable pour les Ecovillages au Sénégal, qui génère, au niveau local, des avantages globaux. 

Les causes sous-jacentes liées au menaces d’origine humaine et les impacts sur les terres, les ressources naturelles et les écosystèmes au Sénégal sont détaillés ci-dessus. 

Ecopartenaires